Vous n’aimez pas comme il faut rassemble trois pièces de théâtre et sept artistes autour d’un même désir : se réapproprier le théâtre classique en le ramenant à son essence, celle d’un théâtre de tréteau qui n’a d’autres besoins que de comédiens et comédiennes, et d’un plateau. Pour rappeler que ces grands textes n’ont pas d’âge. Le public est convié à la traversée virtuose de cinq comédien·nes qui interprètent tous les rôles, une danse frénétique.

Avec Dom Juan, la joyeuse troupe interroge la dynamique de cette fiction mythique : celle de la non-conformité, et de la remise en cause des attentes strictes d’une société d’autant plus stricte qu’elle se rêve libérale. Quel est donc ce Ciel dont tous et toutes se réclament ? Que signifie-t-il, quel sens recouvre-t-il selon le personnage qui le convoque ?

Avec Le Misanthrope, c’est la question de notre place dans la société qui est posée. Une société qui fait peur en ce qu’elle a de cruel. Comment faire pour vivre dans un monde qui ne nous ressemble pas ? Faut-il lutter ? Faut-il se taire ? Un monde dans lequel il est difficile de se parler et de comprendre l’autre… La pièce commence et la chute d’Alceste a déjà commencé : c’est l’histoire de son départ en quelques heures, en cinq actes.

Enfin, avec Monsieur de Pourceaugnac, c’est une véritable comédie-ballet réinventée qui se déploie sur le plateau. On y raconte l’histoire d’un mariage forcé orchestré par le père, contre lequel les jeunes protagonistes se révoltent. Ils répondront à la violence de ce mariage par des artifices théâtraux parfois drôles, parfois cruels pour venir à bout de Monsieur de Pourceaugnac.

Focus sur Le Misanthrope en collaboration avec TUMULTE, compagnie d’Élodie Guibert#

Élodie Guibert s’attaque au chef d’œuvre de Molière pour en proposer une vision subtile et inattendue, qui permet de faire revivre le passionnant duo Alceste-Célimène loin des images convenues.

Alceste est amoureux de Célimène. Pourtant il n’arrive plus à vivre dans le monde dans lequel on l’a projeté. Il ne supporte plus l’hypocrisie des Hommes et encore moins cette colère qui le dévore. Il est 5 heures du matin, Célimène a organisé une énième fête et dès les premières lueurs du jour nous assistons à la fin d’une amitié. Les heures s’écoulent, personne ne dort. La fatigue du débat et de la mésentente exacerbe les tensions.

Avec les mots de Molière, cette version sensible de la pièce fait terriblement écho à l’époque actuelle. Comment faire pour vivre dans un monde qui ne nous ressemble pas ? Faut-il lutter ? Se taire ?

Ici, peu importe le genre. Comédiens ou comédiennes jouent indifféremment les rôles masculins ou féminins. Seule l’énergie et les émotions comptent. La jeune troupe issue du Conservatoire de Lyon s’empare d’un répertoire classique tout en essayant de le dépoussiérer et de lui insuffler un caractère ludique. Elle propose un théâtre populaire, dans ce qu’il a de joyeux, d’ancestral, de sacré et de fédérateur.